Chaque année, plus de 17 000 femmes sont concernées par un cancer gynécologique en France. Zoom sur les avancées de la recherche portées par les équipes du CRCT.
Les cancers gynécologiques regroupent, par ordre de fréquence, les cancers de l'ovaire, de l'endomètre, du col de l'utérus et de manière plus rare, les cancers du vagin et de la vulve. En France, ils représentent plus de 17 000 cas par an pour près de 8 000 décès.
Parmi ces cancers, le cancer du col de l'utérus est presque entièrement imputable à une infection par le papillomavirus humain (HPV) contre lequel il est possible de se prémunir par une vaccination.
Le traitement des cancers gynécologiques est généralement la chirurgie associée à la radiothérapie et la chimiothérapie. Cette dernière a longtemps été composée de molécules peu spécifiques ciblant les cellules en prolifération, pour lesquelles de nombreux phénomènes de résistance surviennent. La dernière décennie a permis l'arrivée des thérapies ciblées et des immunothérapies dans l'arsenal thérapeutique, ouvrant la voie à de nouvelles combinaisons dans les cancers gynécologiques.
Le cancer ovarien se caractérise par une détection à un stade tardif, où la maladie s'est déjà disséminée dans le péritoine et cause, dans la majorité des cas, l'accumulation d'un liquide inflammatoire appelé ascite. Ce matériel, facile à prélever, reste pour le moment sous-utilisé en clinique.
L'équipe SigDyn du CRCT a récemment montré qu'imager ces ascites permet de visualiser le nombre d'agrégats tumoraux qui s'y trouvent, et que ce nombre permettrait de prédire la survie des patientes (Thibault et al., Journal of Ovarian Research, 2025). Ces résultats doivent être confirmés dans une étude prospective sur un plus grand nombre de patientes, mais ouvrent la voie à l'utilisation de l'ascite comme outil diagnostique.
Une étude internationale menée par les équipes de l'Oncopole et du CRCT (Université de Toulouse, CNRS, Inserm), dirigée par le Dr Anna Salvioni et les Pr Maha Ayyoub et Alejandra Martinez, vient d'être publiée dans la revue npj Precision Oncology (Salvioni et al., 2026). Elle apporte un nouvel éclairage sur les cancers de l'ovaire de haut grade, pour lesquels les options thérapeutiques restent encore limitées.
En analysant une cohorte de 80 patientes, l'équipe a montré que le profil immunitaire des tumeurs varie selon leur statut génétique. Dans les tumeurs dites « HRD » (présentant un défaut de réparation de l'ADN), la forte présence de lymphocytes T CD4 et CD8 en épuisement terminal ne traduit pas des cellules dysfonctionnelles, mais la signature d'une réponse immunitaire anti-tumorale active et durable. Ces lymphocytes épuisés sont d'ailleurs associés à une meilleure survie des patientes, indépendamment de tout traitement par immunothérapie.
Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives pour affiner le pronostic des patientes et développer des stratégies thérapeutiques combinées intégrant l'immunothérapie.
10 à 15 % des patientes atteintes d'un cancer de l'ovaire présentent une mutation des gènes BRCA1 ou BRCA2. L'essor des thérapies ciblées, et notamment de l'olaparib (inhibiteur de PARP), a révolutionné la prise en charge des patientes porteuses d'une mutation de ces gènes.
De nombreuses études porteuses d'espoir ont par ailleurs permis de mettre en évidence des molécules capables de sensibiliser les patientes atteintes de cancer ovarien aux chimiothérapies classiques, tels que les SMAC-mimétiques (inhibiteurs d'inhibiteurs de l'apoptose) ou encore des inhibiteurs de PI3K comme l'alpelisib (travaux de l'équipe SigDyn, Thibault et al., Scientific Reports, 2025).
Centre de Recherches contre le Cancer de Toulouse (Oncopole)
Toulouse – FR
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