4 chercheuses du CRCT lauréates de l'appel à projets 2025
de la Fondation Toulouse Cancer Santé
Quatre chercheuses du CRCT (Centre de Recherches en Cancérologie de Toulouse, Inserm U1037) ont été lauréates du dernier appel à projets annuel de la Fondation Toulouse Cancer Santé, chacune pour un projet de recherche financé à hauteur de 100 000 €. Ces quatre projets, aux approches disciplinaires complémentaires, portent sur les mécanismes de résistance aux traitements anticancéreux et illustrent la diversité des expertises développées au sein du laboratoire.
La résistance aux traitements anticancéreux, qu'elle soit primaire ou acquise, constitue l'un des principaux obstacles à l'efficacité thérapeutique à long terme. Malgré les avancées significatives des deux dernières décennies dans le domaine des thérapies ciblées et de l'immunothérapie, une proportion importante de patients ne répond pas ou développe une résistance secondaire, dont les mécanismes moléculaires et cellulaires restent partiellement élucidés.
Ces quatre projets abordent cette problématique à différentes échelles (post-transcriptionnelle, mécano-biologique, immunitaire) et dans des contextes tumoraux distincts (cancers solides, cancer du poumon, mélanome), reflétant la pluridisciplinarité des approches développées au CRCT.
Quatre projets lauréats de l'appel à projets 2025
Comprendre le rôle de PD-L1 dans la résistance à l'immunothérapie
Estelle Espinos · Professeure, Université de Toulouse · Équipe RNAreg (dir. S. Millevoi)
Le projet PIONEER explore une fonction non canonique de PD-L1 dans la régulation post-transcriptionnelle, indépendamment de son rôle établi dans l'immunosuppression tumorale.
Si les immunothérapies ciblant PD-L1 ont profondément modifié la prise en charge de nombreux cancers solides, les mécanismes sous-jacents à la résistance primaire et secondaire restent largement non élucidés. L'équipe RNAreg formule l'hypothèse que PD-L1 exerce, au sein des cellules tumorales et des lymphocytes B, un rôle de régulateur post-transcriptionnel (distinct de sa fonction de ligand inhibiteur des lymphocytes T) modulant l'expression de protéines impliquées dans la réponse aux agents génotoxiques.
Le projet vise à caractériser ces mécanismes, à évaluer leur contribution à la résistance thérapeutique et à valider leur ciblage dans des modèles précliniques pertinents. Cette approche ouvre une perspective de stratégie thérapeutique duale, agissant conjointement sur la chimiosensibilité des cellules tumorales et sur l'efficacité des immunothérapies anti-PD-L1, à fort potentiel translationnel pour les patients atteints de cancers solides résistants.
→ En savoir plusIdentifier les cellules tumorales résistantes grâce à une approche interdisciplinaire
Célia Delahaye · Chercheuse post-doctorante · Équipe Signather (dir. O. Sordet)
Le projet MECA LUNG développe une approche mécano-biologique originale, combinant microscopie à force atomique et apprentissage automatique, pour caractériser les cellules tumorales résistantes aux thérapies ciblées dans le cancer du poumon.
Le cancer du poumon demeure la première cause de mortalité par cancer à l'échelle mondiale. L'émergence de résistances aux thérapies ciblées constitue un obstacle majeur à l'efficacité des traitements de première ligne. Le projet MECA LUNG repose sur l'hypothèse que les cellules tumorales résistantes présentent des propriétés mécaniques distinctes (rigidité, élasticité, déformabilité) mesurables par microscopie à force atomique (AFM).
Mené en collaboration avec le LAAS-CNRS (E. Dague) et le laboratoire RESTORE (C. Séverac), ce projet vise à constituer les premières bases de données de mécanome sur des modèles de cancer du poumon représentatifs et à entraîner des algorithmes d'apprentissage automatique pour la discrimination phénotypique des sous-populations cellulaires résistantes.
→ En savoir plusMieux comprendre le rôle des lymphocytes B dans l’efficacité des immunothérapies associées aux anti-TNF
Le projet B-TACTIC vise à élucider le rôle des lymphocytes B dans la réponse des mélanomes cutanés aux inhibiteurs de points de contrôle immunitaire combinés ou non aux anti-TNF.
Malgré l'efficacité des inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (ICI) dans le mélanome avancé, près de 70 % des patients présentent une résistance primaire ou une rechute à long terme. Des données issues d'essais cliniques et d'études précliniques conduites au sein de l'équipe Melasphinx ont mis en évidence que la combinaison des ICI avec des anticorps anti-TNF favorise le rejet tumoral, un effet associé à des modifications phénotypiques et fonctionnelles des lymphocytes B dans le sang des patients.
Le projet B-TACTIC vise à caractériser précisément l'effet des immunothérapies combinées ou non aux anti-TNF sur les réponses immunes médiées par les lymphocytes B, en combinant, entre autres, des approches in vivo à des analyses de spectrométrie de masse à haute résolution en partenariat avec le Pr Marie-Pierre Bousquet de l'équipe ProteoToul (IPBS Toulouse). Sur le plan translationnel, ces travaux visent à identifier des biomarqueurs prédictifs de réponse et de nouvelles cibles thérapeutiques pour les patients résistants aux ICI.
→ En savoir plusExplorer l'organisation moléculaire des lymphocytes T cytotoxiques
Roxana Khazen · Chargée de Recherche Inserm
Le projet MASK S vise à caractériser, par imagerie nanométrique à haute résolution, les déterminants moléculaires de la cytotoxicité des lymphocytes T CD8+ et l'hétérogénéité fonctionnelle des synapses immunologiques dans le cancer.
Les lymphocytes T cytotoxiques (CTL) constituent un acteur central de l'immunosurveillance anti-tumorale. Des travaux récents ont mis en évidence une hétérogénéité fonctionnelle marquée au sein de cette population : certains CTL, qualifiés de « super tueurs », présentent une capacité de cytotoxicité sérielle élevée, tandis que d'autres affichent une activité lytique significativement réduite.
En collaboration avec le laboratoire INFINITY et l'IRSD (Inserm, Toulouse), le projet développera des approches de microscopie par expansion à haut contenu pour résoudre l'organisation des molécules d'adhésion à la synapse immunologique à l'échelle nanométrique, ouvrant la voie à des applications sur des échantillons tumoraux de patients et à l'identification de cibles pour l'optimisation des immunothérapies cellulaires adoptives.
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