Pour les patients présentant un cancer du testicule réfractaire ou en rechute après une chimiothérapie standard, on peut avoir recours à une chimiothérapie plus agressive à base de carboplatine et d’étoposide. Après cette chimiothérapie à forte dose, on réalise une greffe de cellules souches pour remplacer celles qui ont été endommagées ou détruites par la chimiothérapie. Les cellules souches employées lors de la greffe sont prélevées dans le sang du patient, avant le traitement, ce qu’on appelle une autogreffe de cellules souches du sang périphérique.

Pour ce protocole consistant en de hautes doses, notre équipe a fait évoluer les pratiques en termes d’adaptation des doses du carboplatine lors d’une précédente publication (Moeung et al, Clin Cancer Res 2017). Pour ce travail, il s’agissait, d’évaluer si le calcul des doses d’étoposide basé sur la surface corporelle (c’est-à-dire en fonction du poids et de la taille du patient) était adapté.

Nous avons confirmé que pour ces patients (qui sont des hommes relativement jeunes), le calcul de dose en mg/m² est justifié. Le suivi thérapeutique pharmacologique consistant à déterminer les concentrations plasmatiques du médicament dont nous avons montré l’intérêt pour le carboplatine, n’est pas nécessaire pour l’étoposide. Cette différence en termes de calcul des doses (ajustement en fonction de la fonction rénale puis des concentrations observées pour le carboplatine ; en fonction d’un seul critère morphologique pour l’étoposide) s’explique par les caractéristiques pharmacocinétiques différentes de ces deux médicaments : élimination uniquement rénale pour le premier, à la fois rénale et hépatique avec une variabilité entre les individus relativement limitée pour le second.

Nous avons en outre observé une corrélation entre une caractéristique génétique que présentaient certains patients et la durée de leur aplasie sanguine (à savoir la baisse de la production de cellules sanguines due à la chimiothérapie). Les patients porteur d’une mutation au niveau d’un gène codant pour la synthèse d’une enzyme contribuant au métabolisme de l’étoposide, l’UGT1A1, présentaient une neutropénie plus prolongée. Ce résultat pourrait aussi impacter la réponse au traitement ce qui devra être confirmé lors de prochaines études.

Cette étude a été réalisée en collaboration avec l’Institut Gustave Roussy de Villejuif, le Centre Léon Bérard de Lyon, l’Institut De Cancérologie de l’Ouest Paul Papin d’Angers, l’Institut Paoli Calmettes de Marseille, l’Hôpital Tenon de Paris, le CHU de Clermont Ferrand et l’Hôpital Saint André de Bordeaux.

Découvrir l’article publié :

Pharm Res. 2020 Jul 16;37(7):147. doi: 10.1007/s11095-020-02861-5.
Pharmacokinetic and Pharmacogenetic Study of Etoposide in High-Dose Protocol (TI-CE) for Advanced Germ Cell Tumors
Sotheara Moeung , Christine Chevreau , Sabrina Marsili , Christophe Massart , Aude Fléchon, Rémy Delva , Gwenaëlle Gravis , Jean-Pierre Lotz , Jacques-Olivier Bay , Marine Gross-Goupil , Thomas Filleron , Caroline Delmas , Thierry Lafont , Etienne Chatelut,  Fabienne Thomas

Mots clés :

  • Pharmacocinétique,
  • pharmacogénétiques,
  • intensification thérapeutique
  • etoposide .
  • tumeurs de cellules germinales .
  • Traitement à hautes doses .

Contact :

Etienne Chatelut
CRCT Equipe : 14 : Individualisation des doses de médicaments anticancéreux
Mail : chatelut.etienne@iuct-oncopole.fr

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