L’immunothérapie est un traitement qui vise à éduquer notre système immunitaire contre les cellules cancéreuses. Ce traitement a permis d’obtenir une réponse à long terme chez des patients atteints de mélanome métastatique (40 à 60 %) avec dans certains cas une régression totale des tumeurs. L’enjeu est maintenant que le maximum de patients puisse bénéficier des progrès de l’immunothérapie le plus rapidement possible. Notre équipe de recherche au CRCT a mis en évidence que l’immunothérapie était moins efficace si certaines protéines tumorales étaient fortement exprimées. Celles-ci contrôlent le métabolisme des sphingolipides, comme par exemple la sphingosine kinase 1. Ainsi, nos travaux, ont montré que la combinaison de traitements qui bloquent la sphingosine kinase 1 avec l’immunothérapie augmente considérablement l’efficacité thérapeutique ainsi que la survie dans différents modèles pré-cliniques de cancer (mélanome, cancer du sein et du colon). Ces résultats majeurs viennent d’être publiés dans la revue scientifique Nature Communication (Imbert et al.).

Nos résultats, qui mettent en évidence que la sphingosine kinase 1 pourrait être un biomarqueur prédictif de la réponse à l’immunothérapie, ont conduit à l’ouverture de l’essai clinique IMMUSPHINX (NCT03627026) au sein de l’Institut Universitaire du Cancer de Toulouse-Oncopole (IUCT-O). Celui-ci est sous la direction du Pr. Nicolas Meyer, oncodermatologue au CHU de Toulouse. Il a pour objectif de déterminer les paramètres lipidiques tumoraux et circulants ainsi que les critères de réponse à l’immunothérapie chez des patients atteints d’un mélanome métastatique. Cette étude est réalisée en étroite collaboration avec les services d’anatomopathologie et de biostatistique de l’IUCT-O ainsi que et le groupe du Pr. Susana Puig (Hospital Clínic, Barcelone, Espagne). C’est aussi une étude bicentrique menée avec le service d’oncodermatologie du Pr. Brigitte Dreno au CHU de Nantes.

Sur la base de ces observations, l’équipe a mis en place un programme de recherche européen (ERA-Net-Transcan-2 H2020) coordonné par le Dr Nathalie Andrieu et dont l’objectif majeur est d’évaluer l’association des immunothérapies, déjà utilisées dans la pratique clinique contre les mélanomes, à des thérapies ciblées permettant de modifier la production des sphingolipides tumoraux. Pour cela, l’équipe travaille en étroite collaboration avec les équipes du Dr. Jean- Christophe Marine (VIB, Louvain, Belgique) et Dr. Luisa Lanfrancone (IEO, Milan, Italie), qui développent des modèles précliniques de mélanome permettant de suivre l’efficacité des traitements utilisés.

Découvrir l’article publié :

Nat Commun. 2020 Jan 23;11(1):437
Resistance of melanoma to immune checkpoint inhibitors is overcome by targeting the sphingosine kinase-1.
Imbert C, Montfort A, Fraisse M, Marcheteau E, Gilhodes J, Martin E, Bertrand F, Marcellin M, Burlet-Schiltz O, Peredo AG, Garcia V, Carpentier S, Tartare-Deckert S, Brousset P, Rochaix P, Puisset F, Filleron T, Meyer N, Lamant L1, Levade T, Ségui B, Andrieu-Abadie N, Colacios C.

Collaborations :
Collaboration avec l’Institut Universitaire du Cancer de Toulouse- Oncopole (IUCT-O): Nicolas Meyer, Laurence Lamant, Philippe Rochaix, Pierre Brousset, Florent Puisset, Thomas Filleron, Elodie Anne Sylvie Martin, Julia Gilhodes.

Brevet déposés avec Inserm Transfert :

  • Use of SK1 as biomarker for predicting response to immune checkpoint inhibitors – WO2019162325
  • Methods for enhancing the potency of the immune checkpoint inhibitors – WO2017129769A1

Mots clés :

  • Cancer,
  • immunothérapie,
  • métabolisme,
  • sphingosine kinase 1,
  • résistance,
  • lymphocytes T régulateurs

Contact :

Céline Colacios and Nathalie Andrieu
Team 4 CRCT

Mail : celine.colacios@inserm.fr nathalie.andrieu@inserm.fr

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