Grâce aux immunothérapies anticancéreuses ciblant les points de contrôle immunitaire, le nombre de patients atteints de mélanome métastatique (MM) en rémission après 5 ans a triplé en quelques années.

Toutefois, il existe peu d’option thérapeutique pour les patients non répondeurs à ces thérapies ou en rechute (40% et 20% respectivement). L’un des défis actuels est donc de comprendre les mécanismes de résistance afin d’adapter la stratégie thérapeutique.

L’équipe 4 du Centre de Recherche en Cancérologie de Toulouse (CRCT, Equipe du Pr. Thierry Levade et du Dr. Nathalie Andrieu) a récemment découvert que certains lipides tumoraux, appartenant au métabolisme des sphingolipides, contribuent à la progression des mélanomes en favorisant l’échappement des cellules tumorales au système immunitaire.

Sur la base de ces observations, l’équipe a mis en place un programme de recherche européen coordonné par le Dr Nathalie Andrieu et dont les 2 objectifs majeurs sont :

  1. d’évaluer l’association des immunothérapies, déjà utilisées dans la pratique clinique contre les mélanomes, à des thérapies ciblées permettant de modifier la production des sphingolipides tumoraux. Pour cela, l’équipe 4 du CRCT travaille en étroite collaboration avec les équipes du Dr. Jean- Christophe Marine (VIB, Louvain, Belgique) et Dr. Luisa Lanfrancone (IEO, Milan, Italie), qui développent des modèles précliniques de mélanome permettant de suivre l’efficacité des traitements utilisés.
  2. d’identifier si certains lipides tumoraux ou circulants constituent des biomarqueurs prédictifs de l’efficacité des immunothérapies chez des patients atteints de MM. Ce travail conduira à l’ouverture de l’essai clinique « IMMUSPHINX » au sein de l’Institut Universitaire du Cancer de Toulouse- Oncopole (IUCT-O), sous la direction du Pr. Nicolas Meyer (CHU Toulouse) en 2018. Il aura pour objectif de déterminer les paramètres lipidiques tumoraux et circulants ainsi que les critères de réponse aux immunothérapies chez des patients porteurs de MM. Cette étude sera réalisée en étroite collaboration avec les services d’anatomopathologie et de biostatistique de l’IUCT-O. Elle sera complétée par les données provenant des services d’oncodermatologie du Pr. Brigitte Dreno (CHU de Nantes) et du Pr. Susana Puig (CHU de Barcelone).

Le projet IMMUSPHINX est financé par le réseau européen de recherche translationnelle en cancérologie ERA-NET TRANSCAN et soutenu sur 3 ans (2017-2020) par la Fondation ARC pour la Recherche sur le Cancer pour les équipes françaises participant au projet. Il constitue une étape essentielle pour déterminer s’il est possible d’élargir l’utilisation et l’efficacité des immunothérapies actuelles à davantage de patients atteints de MM ou éventuellement à d’autres cancers.

Brevets associés à ce projet :

  • Methods and pharmaceutical compositions for enhancing CD8+ T cell-dependent immune responses in subjects suffering from cancer. WO 2017134116 A1
  • Methods for enhancing the potency of the immune checkpoint inhibitors. WO 2017129769 A1
  • Methods for predicting the survival time of patients suffering from cancer. EP 16306138.5. et EP 16306139.3.
  • Use of sphingosine kinase 1 as biomarker for predicting response to immune-checkpoint inhibitors. EP 18305178.8